Passage à l’acte des dirigeants d’entreprise face au défis du 21ème siècle

Les article précédents « DIRIGEANT D’ENTREPRISE FACE AUX RISQUES ET OPPORTUNITES DU 21ème SIECLE », « POURQUOI, ALORS QUE NOTRE MAISON BRULE, DES DIRIGEANTS D’ENTREPRISE REGARDENT ENCORE AILLEURS ? »et « COMMENT AIDER LES DIRIGEANTS D’ENTREPRISES A ACCEPTER DE FAIRE FACE AUX DEFIS DU 21ème SIECLE » décrivent le parcours du dirigeant d’entreprise sur la voie de la prise de conscience puis de l’acceptation de la nécessite de passer à l’acte face aux défis auxquels fait face son entreprise et plus largement notre société : crises environnementales sur le point de détruire notre écosystème, mal être social lié aux crises écologiques, à l’injustice sociale et à l’incapacité chronique de notre système politique à les résoudre, etc ….

Ce quatrième article traite de son passage progressif à l’acte.

1ère étape : Expérimenter

Quand les dirigeants d’entreprises décident de passer sérieusement à l’action dans le domaine de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, l’ampleur de la tâche peut tétaniser, provoquer une dispersion des actions, ou un choix de mauvaises priorités.

Il est donc recommandé d’avancer pas à pas dans cette voie et d’abord par quelques expérimentations dans les 3 domaines suivants :

  • social, par exemple s’intéresser aux ressentis du personnel en termes de qualité de vie du travail, puis commencer à l’améliorer en fonction des retours obtenus.
  • environnement, pourquoi pas commencer par la réduction et la gestion des déchets, ou, si cela est déjà fait, se former à l’éco-conception ?
  • sociétal, par exemple faire le point sur l’intégration de l’entreprise dans son territoire, puis en fonction du résultat développer et positiver les relations de l’entreprise avec ses partis prenantes.

Les idées et l’énergie pour faire émerger et porter ces expérimentations sont souvent déjà là parmi les membres du personnel, de plus en plus sensibilisés et motivés par ces sujets. A défaut ou pour structurer la démarche faire appel à un manager de transition à Impact (www.imwi.io) permet d’avoir accès temporairement à une expertise dans ces domaines et une capacité à mener des projets opérationnels.

Attention de ne pas passer trop rapidement à la communication sur sa politique RSE, motivé par le souhait d’améliorer l’image de son entreprise. Les résultats de cette politique doivent pour cela faire sens, être mesurables et vérifiables et s’inscrire dans une stratégie d’entreprise cohérente. 

2ème étape : Décider

Cette étape clé nécessite que le dirigeant revienne sur les fondements de son entreprise, c’est-à-dire à sa Raison d’être.  Et pour que celle-ci soit une base solide pour adapter et éventuellement réorienter son entreprise à la hauteur de ces défis, cette Raison d’être doit être définie avec toutes les parties prenantes de l’entreprise. 

La plus grande décision du dirigeant d’entreprise à cette étape clé de son cheminement est de lâcher prise. C’est-à-dire d’accepter de redéfinir les fondations de son entreprise non pas selon ses opinions et intérêts, mais selon celles des employés, clients, fournisseurs, partenaires et actionnaires de l’entreprise.

Et, en cas de présence de co-dirigeants ou d’un actionnariat majoritairement moins avancés sur la courbe du changement et opposés à cette démarche, se lâcher prise peut aller jusqu’à se mettre professionnellement en danger. Comme cela est arrivé récemment à quelques dirigeants connus.

A cette étape clé du changement, le dirigeant a le choix entre stopper sa progression sur la voie de l’Impact ou prendre sérieusement part au gigantesque combat pour relever les défis du 21ème siècle, tel le colibri de la légende amérindienne (1).

3ème étape : Intégrer

Le sigle RSE, pour Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, est connu de tout dirigeant d’entreprise. La mise en application des principes de la RSE en entreprise (recherche de performance autant économique, que sociale, sociétale et environnementale de l’entreprise) progresse. Mais la véritable intégration de ces principes dans la stratégie et le management, consistant à aligner la Raison d’être de l’entreprise, ses valeurs, ses activités, son fonctionnement et ses relations avec ses parties prenantes avec les principes de la RSE est encore rare.

Un tel engagement dans l’entreprenariat responsable par un dirigeant est souvent l’aboutissement d’un cheminement fait de hauts et bas, d’hésitations et expérimentations, symbolisés dans les schémas qui illustrent cet article. Pour donner des résultats, cet engagement doit être complété par des compétences poussées dans de nombreux domaines. L’Association de managers de transition à Impact IMWI en a listé 12 : Gouvernance et Management à Impact, Reporting extra financier et mesure d’impact, Transformation des organisations, Transformation digitale responsable, approche des Ressources humaines mettant l’humain au centre, Transition énergétique et climat, Préservation de la biodiversité, Prévention et traitement des pollutions, Soutenabilité et résilience des organisations, Economie circulaire, Achats Responsables et Green Supply Chain, Relations avec la collectivité.

La plupart de ces sujets sont souvent nouveaux, mal compris ou difficiles à intégrer dans les entreprises. Ces dernières ont donc besoin de renforts pour développer l’excellence opérationnelle de l’entreprise dans toutes ces dimensions. Une des solutions est le management de transition à Impact qui se caractérise par l’apport temporaire d’expertise dans ces domaines, couplé à une grande compétence managériale. En voici deux exemples d’application : Changement de culture d’entreprise https://colibris.link/DYz3U , Développement des achats responsables https://colibris.link/VCv5L 

Conclusion :

Cet écrit clôt une série de 4 articles sur le cheminement du dirigeant sur la voie de l’impact positif de son entreprise sur les plans social, sociétal et environnemental, tout en renforçant sa pérennité économique. Elle permet à un dirigeant ou à un observateur, à condition d’être ouvert à une autre vision de l’entreprenariat que la simple recherche de profit financier et de réussite personnelle, d’évaluer son degré de maturité dans le domaine de la RSE et de prendre conscience des étapes à franchir pour devenir un dirigeant d’entreprise réellement en résonnance avec les besoins de la société.

Didier Douziech

Didier Douziech

Manager de Transition à Impact (IMWI)

(1) La légende amérindienne du colibri : Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre qui s’étendait sous leurs yeux. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation qui lui semblait dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »